SUITES NUMERIQUES

GENERALITES SUR LES SUITES

Définition :

Une suite numérique (un) est une application de IN dans IR.

(un): IN→IR

         n→un

On note (un) la suite de nombres u0, u1, u2,..., un, ...

Le nombre un est le terme d’indice n (ou de rang n).

uo est le premier terme de la suite.

On distingue deux types de définition des suites numériques :

Suites définies par une formule explicite

Ce sont des suites dont l’expression directe est en fonction de l’entier n.

Exemple: Un=2n +1

Calculons les 5 premiers termes

U0=2x0 +1=1

U1=2x1 +1=3

U2=2x2 +1=5

U3=2x3 +1=7

U0=2x4 +1=1

Suites définies par une formule implicite ou par récurrence

Ce sont des suites définies par la valeur du premier terme et une relation un+1=f(un) pour tout n. Elles sont définies par une formule de récurrence (Formule de récurrence : un terme de la suite s’écrit en fonction du ou des précédents).

.

Exemple: un+1 = 3un + 2 et uo=1

Calculons les deux premiers termes :

u1 = 3u0 + 2= 3x1 + 2=5

u2 = 3u1 + 2= 3x5 + 2=17

Le raisonnement par récurrence

Le raisonnement par récurrence permet de montrer qu’une propriété, qui dépend d’un entier naturel est vraie pour tout entier supérieur ou égal à un entier naturel donné.

Ø Principe de raisonnement par récurrence :

Pour démontrer par récurrence qu’une proposition est vraie pour tout entier naturel (étant un entier naturel donné), on peut suivre les étapes suivantes :

·1ère étape : initialisation : On vérifie que la propriété est vraie pour le premier terme.

· 2ème étape : hérédité: On suppose qu’elle est vraie pour un certain rang p (cette supposition est appelée hypothèse de récurrence), on montre par la suite qu’elle est aussi vraie au rang p+1(on dit dans ce cas que la propriété est héréditaire).

· 3ème étape : conclusion: Une fois les étapes 2 et 3 sont vérifiées, on conclut d’après le principe de raisonnement par récurrence

qu’elle est vraie pour tout entier naturel.

Exemple:

Soit la suite u0=2 et un+1=5un +4, montrons qu’elle est à termes positifs.

· Initialisation: on montre que le premier terme est positif: u0=2>0

· Hérédité: on montre que si up>0 alors up+1>0 up+1=5up+4>0 et il y a hérédité.

· Conclusion : Par récurrence la propriété est vraie pour tout n.

ETUDE D’UNE SUITE NUMERIQUE

Variations d’une suite

Définition :

Soit (un) une suite de nombre réels. E est son ensemble de définition et I, un intervalle de E.

· La suite (un) est croissante si, pour tout entier naturel n, un+1 ≥un.

· La suite (un) est strictement croissante si, pour tout entier naturel n, un+1 > un.

· La suite (un) est décroissante si, pour tout entier naturel n, un+1 ≤ un.

· La suite (un) est strictement décroissante si, pour tout entier naturel n, un+1 < un.

Méthode:

a) La méthode algébrique

Ø  On étudie le signe de un+1-un

· Si pour tout n de E, un+1-un ≥ 0, alors la suite un est croissante.

· Si pour tout n de E, un+1-un ≤ 0, alors la suite un est décroissante.

Ø On compare à 1, le quotient

·        Si pour tout n de E,

 

  

alors la suite un est croissante.

·        Si pour tout n de E

   

alors la suite un est décroissante.

 

b) Étude à l‘aide d’une fonction

Si un =f(n), alors un a le même sens de variation que la fonction f.

On étudie donc les variations de la fonction sur I contenant E.

· Si f est croissante sur I, alors la suite un est croissante.

· Si f est décroissante sur I, alors la suite un est décroissante.

 

c) Utilisation du raisonnement par récurrence (vu plus haut)

Suites majorées, minorées, bornées

Définition :

Soit (un) une suite de nombre réels.

· La suite (un) est majorée s’il existe un nombre réel M tel que, pour tout entier naturel n, un≤ M.

· La suite (un) est minorée s’il existe un nombre réel m tel que, pour tout entier naturel n, un≥ m.

· La suite (un) est bornée si elle est à la fois majorée et minorée.

 

Convergence d’une suite

Définition

Une suite (un) est une suite convergente vers le nombre réel l si tout intervalle ouvert contenant l contient tous les termes de la suite à partir d'un certain rang. Le nombre réel l est la limite de la suite (un), on écrit:


Une suite est divergente si elle n’est pas convergente (sa limite est infinie ou n’existe pas).

Théorème : Toute suite croissante et majorée converge. Toute suite décroissante et minorée converge.

Remarque :

Si la suite (un) est croissante et majorée par un réel M, alors la limite de (un) est inférieure ou égale à M; cette limite n'est pas nécessairement M.

Suites monotones convergentes 

Théorème : Toute suite croissante et majorée converge. Toute suite décroissante et minorée converge.

Remarque :

Si la suite (un) est croissante et majorée par un réel M, alors la limite de (un) est inférieure ou égale à M; cette limite n'est pas nécessairement M.

Exemple: La suite (un) définie par et u0 = 0 est croissante et majorée par 2; elle converge donc mais sa limite n'est pas 2 mais le nombre

 

Propriétés :

Si (un) converge vers l, et si (un) est croissante, alors pour tout n de IN, un ≤ l. Si (un) converge vers l, et si (un) est décroissante, alors pour tout n de IN, un≥ l.

Limite d’une suite définie par une formule de récurrence

Propriété :

g est une fonction définie sur un intervalle K

(un) est une suite a valeurs dans K définie par la formule de récurrence un+1 =g(un)

Si (un) est convergente alors sa limite est une solution α de l’équation g(x)=x.

Exemple :

On donne la suite (un):

 

La fonction est continue sur IR+ et a valeurs dans IR+, donc la suite (un) définie par un+1=g(un) est convergente.

Alors sa limite l vérifie l’équation g(x)=x.

x=2 donc

 

 

Suites adjacentes

Définition  

On dit que deux suites (un) et (vn) définies sur IN sont adjacentes si et seulement si les trois conditions suivantes sont réalisées :

Pour tout entier naturel n,

Ø

 

Ø ;

 

Ø

 

Exemple :

 

 

sont des suites adjacentes

 

Théorème :

Si les deux suites (un) et (vn) sont adjacentes, alors elles convergent vers la même limite.

REPRESENTATION GRAPHIQUE DES TERMES D’UNE SUITE

Si la suite (un) a son terme général défini en fonction de n, on représente la suite dans un repère du plan, par un ensemble de points de coordonnées (n; un). Cette représentation graphique permet de visualiser les variations de la suite et éventuellement la convergence.

Méthode:z

· Commencer par représenter la fonction et la première bissectrice.

· Placer le point d’abscisse u0 sur l’axe des abscisses

· A partir du point d’abscisse u0 sur l’axe des abscisses, on obtient sur l’axe le point d’abscisse u1 en traçant une parallèle à l’axe des ordonnées qui coupe la courbe au point A0(u0, u1), on trace ensuite une parallèle à l’axe des abscisses qui passe par A0; cette parallèle coupe la première bissectrice en un autre point. En traçant une autre parallèle à l’axe des ordonnées passant par ce point, cette nouvelle parallèle coupe l’axe des abscisses au point u1.

· On répète le processus.

EXERCICES

EXERCICE I:

1.Montrer que la suite numérique (un) définie par:

   

 est majorée par 1 et minorée par 0

2.Soit la suite numérique (un) telle que:

 

 

 

 

Montrer par récurrence que pour tout n, 0<un<1.

3. Soit la suite numérique (un)  telle que u0=-3 et un+1 = 5-4un

Montrer par récurrence que pour tout n, un = (-4)n+1 +1

EXERCICE II:

Soit la suite (un) définie par:

 

 

On suppose que la suite (un) est décroissante et que: 0≤un≤1

Démontrer que la suite(un) est convergente et déterminer sa limite.

EXERCICE III:

On considère la suite vn définie par:

 

 

Démontrer que la suite vn est minorée par Ѵ2 et majorée par 2.

EXERCICE IV:

Soit la suite (un) telle que 

 

 

 

pour tout entier naturel n .

A - Approche « récurrente » :

1/ Vérifier 0 £ un £ 1 pour tout entier n .

2/ Montrer que la suite u est croissante. Qu’en conclure ?

3/ Calculer

 

 .

 

B - Approche « fonctionnelle » :

Soit f définie sur [0 ; +∞ [ telle que

 

.

 

1/ Montrer que f est continue, strictement croissante sur [0 ; +∞[

2/ Calculer

 

 

 

3/ Expliquer pourquoi l’approche « fonctionnelle » permet d’obtenir les résultats cherchés dans la partie A , alors qu’elle n’aurait pas été applicable si on avait définie u par

 

.

EXERCICE V:

On considère la suite (un) définie par u0=1 et la relation de récurrence :

 

 

1) Justifier l’existence de cette suite.

2) Si la suite était convergente, quelle serait sa limite ? Quelle conclusion peut-on en tirer sur le comportement de la suite à l’infini.

EXERCICE VI : Soit la suite (un) définie par:

 

 

1.Montrer que -1<un<0 pour tout n ϵN

2.Montrer que un est une suite strictement croissante.

 

3. Montrer que:

 

En déduire que:

 

 

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CORRIGES

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